Archives de août 2008

LA BEAUTÉ

La beauté est une énigme.

Fedor Dostoievski (1821 – 1881)

HENRYK SIEMIRADZKI: L’AMOUR ET LA BEAUTÉ (1894)

FEDOR DOSTOIEVSKI (1821-1881), né à Moscou et décédé à Saint-Pétersbourg, est un des plus grands romanciers russes. Il a influencé de nombreux écrivains et philosophes.

Son père, médecin militaire à l’hôpital des pauvres de Moscou, possède deux villages, acquis en 1831. En 1839, il est assassiné par des serfs, après qu’il les eut maltraités.

En 1838, Fedor Dostoievski entre à l’École des Ingénieurs militaires de Saint-Pétersbourg. Dès 1844, il se consacre à son premier roman, « Les Pauvres Gens », publié en 1846. En 1847, il a sa première crise d’épilepsie, à 26 ans. Il épouse Maria Isaeva en 1862. Sa femme meurt en 1864. En 1867, il épouse Anna Snitkine.

À partir de 1866, Dostoievski publie ses oeuvres les plus abouties: les romans « Le Joueur », « L’Adolescent », « Crime et Châtiment », « L’Idiot », « Les Démons ». Son oeuvre romanesque s’achève par « Les frères Karamasov », qu’il publie à l’âge de 60 ans. En 1881, il succombe à une hémorragie et est enterré à Saint-Pétersbourg au cimetière du monastère Alexandre Nevski.

TOMBE DE FEDOR DOSTOIEVSI À SAINT-PÉTERSBOURG

Une des caractéristiques les plus frappantes des romans dostoievskiens et l’outrance des personnages et des situations. On rencentre ainsi des débauchés nihilistes, des femmes fatales, des mères prostituant leurs enfants, des alcooliques invétérés, de nombreux personnages à la limite de la folie: mégalomanie, délire de persécution, sadisme. On rencontre aussi des « saints » incarnant l’idéal chrétien. Les meurtres, les ruines soudaines, les mariages annulés, les maladies mortelles, les suicides se succèdent, parfois à la limite de la vraisemblance.

Il faut noter la place inhabituelle qu’occupent les thèmes philosophiques, religieux et politiques. Politiquement, l’écrivain est un fervant « libéral » pour son pays et surtout un nationaliste convaincu. Il aime le peuple Russe avec passion et hait pronfondément les usuriers qui seignent le bon peuple.

Enfin, on soulignera la proximité de la pensée de Fedor Dostoievski de l’existentialisme, à tel point qu’on a pu le compter parmi les fondateurs de cette philosophie.

FEDOR DOSTOIEVSKI (1872)

PORTRAIT PAR VASSILI PEROV

LA NATURE

Plus on se rapproche de la nature, mieux cela vaut.

Nikolai Gogol (1809 – 1852)

ALEXEY SAVRASOV (1860)

NIKOLAI GOGOL (1809 – 1852), né en Ukraine et décédé à Moscou, est un écrivain russe d’origine ukrainienne.

Son père, ancien officier cosaque, développe son goût de littérature. Après ses études Nikolai Gogol quitte l’Ukraine et trouve un modeste emploi de bureau dans un ministère à Saint-Pétersbourg. En 1829, il fait ses premiers pas littéraires en publiant sous un pseudonyme.

En 1831, Gogol quitte l’administration et devient professeur d’histoire, il découvre une vocation d’historien. ll publie de nombreuses nouvelles et la pièce de théâtre « Le Revizor » en 1836. Dans la même année il commence à écrire son grand roman « Les Âmes mortes ». Gogol essaie de faire publier la première partie à Moscou en 1841 mais elle est interdite par le comité de censure. Après l’intervention de ses amis le roman paraît en 1842, une déscription profonde de la Russie et une satire parfois impitoyable. Le succès et le scandale sont au rendez-vous.

NIKOLAI GOGOL

En 1843, Gogol écrit une magnifique nouvelle, « Le Manteau », dont le héros est devenue l’archétype du petit fonctionnaire russe. L’écrivain voyage en France, Italie et Allemagne. En 1848, il fait un pélerinage à Jérusalem. Petit à petit, sa santé se dégrade et son sentiment religieux s’exalte: il devient de plus en plus mystique. Rentré à Moscou, il est toujours occupé à la rédaction d’une seconde partie des « Âmes mortes », dans laquelle il espérait décrire la rédemption de la Russie, sortant de l’Enfer qu’il avait dépeint dans la première partie de cette oeuvre.

Son état psychique et physique se dégrade sans cesse. Il meurt en 1852 à Moscou, où il est enterré au cimetière de Novodevitchi. Nikolai Gogol est reconnu comme le premier grand prosateur de la Russie. Dostoievski écrit: « Nous sommes tous sortis du Manteau de Gogol ».

TOMBE DE NIKOLAI GOGOL À MOSCOU

UNE ORANGE SUR LA TABLE

Une orange sur la table

Ta robe sur le tapis

Et toi dans mon lit

Doux présent du présent

Fraîcheur de la nuit

Chaleur de ma vie

Jacques Prévert (1900 – 1977)

PAUL SIGNAC (1863 – 1935)

PAUL SIGNAC (1863 – 1935), né et décédé à Paris, est un peintre francais. Fils de commercants à Paris, il commence la peinture en 1882 avec des vues de Montmartre et des études de femmes. En 1884, Signac expose sa première oeuvre au Salon des Indépendants. En 1887, il s’installe dans le midi de la France. Il achète un bateau en 1888 et passe l’été sur la côte nord de la Bretagne, puis l’année suivante sur la cóte méditerranéenne où il visite Cassis et van Gogh à Arles. En 1923, Signac retourne en Bretagne puis 1929 à Paris où il meurt en 1935.

GEORGES SEURAT: PORTRAIT DE PAUL SIGNAC (1890)

UN FEU

Ah! mille flammes, un feu, la lumière,

Une ombre!

Le soleil me suit.

Paul Éluard (1895 – 1952)

JOSEPH WILIAM TURNER (1775 – 1851): UN FEU

JOSEPH WILLIAM TURNER (1775 – 1851), né à Londres et décédé à Chelsea, est un peintre anglais, nommée le « peintre de la lumière ». Il est un précurseur de l’impressionisme, avec son contemporain John Constable.

Son père est un barbier et fabricant de perruque à Londres. Sa mère perd progressivement la raison, elle meurt dans un asile en 1804. Le jeune Turner est envoyé chez un oncle dans un petit village sur les rives de la Tamise en 1785. C’est là que son intérêt pour la peinture s’éveille. En 1786, il se rend à l’école à Margate/Kent et commence à produir des dessins que son père expose à la vitrine de son commerce.

JOSEPH WILLIAM TURNER: AUTOPORTRAIT (1799)

Turner a 14 ans lorsqu’il entre à l’Académie royale des beaux-arts de Londres. À partir de 1796, il exposera chaque année à l’Académie royale, jusqu’à la fin de sa vie. Ses sujets sont les paysages et les marines. Son talent lui apporte reconnaissance et lui permet de posséder sa propre galérie à partir de 1804. En 1845, il obtient un poste de professeur à l’Académie royale. Il voyage en Angleterre, Écosse, France, Suisse, Italie et aux Pays-Bas.

Turner ne se mariera pas, mais il aura deux filles avec Sarah Danby, puis aura pour compagne la veuve Sophia Caroline Booth, avec laquelle il vivra à partir de 1833. Avec l’âge, il devient de plus en plus excentrique et taciturne. En 1846, il se retire de la vie publique, vivant sous le pseudonyme de Mr Booth. Il expose une dernière fois à l’Académie royale en 1850. Il meurt en 1851 dans la maison de sa compagne. À sa demande, il est enterré à la Cathédrale Saint-Paul de Londres où il repose à côté du peintre Joshua Reynolds.

JOSEPH WILLIAM TURNER DANS SON ATÉLIER

AOÛT CONTRE SEPTEMBRE

Août contre septembre lutte,

L’océan n’a plus d’alcyon,

Chaque jour perd une minute,

Chaque aurore pleure un rayon.

Victor Hugo (1802 – 1885)

ALFRED SISLEY (1839 – 1899)

SUR LA CLOCHE DU TEMPLE

Sur la cloche du temple

S’est posé un papillon

Qui dort tranquille.

Yosa Buson (1716 – 1783)

SHUMMAN KUBO (1757 – 1821): PAPILLONS

YOSA BUSON (1716 – 1784) est un poète et peintre japonais de la période Edo. Les poèmes de Buson sont très visuels mais ils cherchent à rendre l’essence des choses plutôt qu’à décrire leur apparence. Il est l’inventeur du « haiga », peinture accompagnée d’un haiku.

Buson est né dans le village de Kema. Ses talents pour le dessin se manifestent des l’enfance. Vers 1735, il part étudier la peinture et l’art du haiku à Edo. Pendant dix ans, il voyage à travers le Japon, passant son temps à peindre et à écrire. Il se marie en 1760.

À partir de 1775, la maladie le contraint à ralentir ses activités. Buson meurt en 1783, après avoir dicté ses trois derniers haiku.

TOMBE DE YOSA BUSON

UNE GRENOUILLE SAUTE

Dans le vieil étang

Une grenouille saute

Un ploc dans l’eau!

MATSUO BASHO (1644 – 1694)

KOGA IIJIMA (1829 – 1900): UNE GRENOUILLE SAUTE

MATSUO BASHO (1644 – 1694) est un poète de haiku japonais, né à Iga-Ueno, décédé à Osaka. Il prend l’habit des moines et part suivre l’enseignement de plusieurs maîtres. À Edo il publie son premier recueil de poèmes.

LIEU DE NAISSENCE DE MATSUO BASHO

Le style de ces haiku est caractérisé par quatre mots:

hosomi: l’amour des choses humbles et la découverte de leur beauté

karumi: l’humour qui allège la gravité

sabi: la recherche de la simplicité

shiori: des suggestions qui émanent du poème sans qu’elles ne soient formellement exprimées

STATUE DE MATSUO BASHO

Basho crée sa propre école poétique et pratique le haiku avec un groupe de disciples dans son ermitage de Fukagawa à partir de 1680. Le surnom de cet endroit est « L’ermitage au bananier » (Basho-an), car un bananier lui avait été offert par l’un de ses disciples. Basho le planta devant son ermitage où il se trouve toujours.

Basho est le premier grand maître du haiku et sans doute le plus célèbre au Japon où il reste littéralement vénéré pour sa poésie de l’allusion et du non-dit qui fait appel à la sensibilité du lecteur.

TOMBE DE MATSUO BASHO