Archives de juillet 2008

ARAIGNÉE

« Araignée du matin, chagrin;

Araignée du soir, espoir. »

KATSUSHIKA HOKUSAI (1760 – 1849)

LA CRUCHE

« Tant va la cruche à l’eau qu’ à la fin elle se casse. »

JEAN-BAPTISTE SIMÉON CHARDIN (1699 – 1779)

JEAN-BAPTISTE SIMÉON CHARDIN, né et décédé à Paris, est surtout reconnu pour ses natures mortes, ses peintures de genre et ses pastels. Les sujets de ses natures mortes sont très variés: bouquets de fleurs, fruits, gibier, pots, verres.

Son père est un artisant, fabricant de billiards. En 1724 Chardin est recu à l’Académie de Saint-Luc avec le titre de maître. En 1731, il épouse Marguerite Saintard sept ans après un contrat de mariage passé avec elle. Cette même année, il participe à la restauration des fresques au château de Fontainebleau. En 1740, il rencontre Louis XV: « M. Chardin de l’Académie royale de peinture et sculpture fut présenté au roi avec deux tableaux que Sa Majesté recut très favorablement … ».

Après la mort de sa première femme, le peintre épouse Francoise Pouget en 1744. Il va être protégé et encouragé par le marquis de Vandières, futur marquis de Marigny et Menars, Directeur des Bâtiments de 1751 à 1773. C’est lui qui permettra l’obtention d’une pension pour Chardin. En 1755, il est nommé Trésorier de l’Académie, et deux ans après Louis XV lui accorde un logement dans les galeries du Louvre. En 1769, les époux Chardin recoivent une rente viagère annuelle de 2000 livres exempte d’impôts, rente augmentée de 400 livres l’année suivante.

En 1772, Chardin commence à être gravement malade, il souffre de coliques néphrétiques. Au Salon du Louvre du 25 août 1779, il expose ses derniers pastels. Le 6 décembre 1779, il meurt dans son appartement des galeries du Louvre.

JEAN-BAPTISTE SIMÉON CHARDIN: AUTOPORTRAIT (1775)

L’AMANDE

« Il faut casser le noyau pour avoir l’amande. »

GIOVANNA GARZONI (1600 – 1670)

GIOVANNA GARZONI, née à Ascoli et décédée à Rome, est une artiste italienne de l’époque baroque, spécialisée dans les natures mortes à la manière hollandaise, mêlant fleurs, fruits et légumes, insectes et oiseaux.

Elle a eu rapidement du succès à Rome, Venise, Florence, Naples et Turin. En 1666, Giovanna Garzoni lègue toute sa succession à l’association romaine de peinture, Accademia di San Luca, à condition qu’elle construise son tombeau dans l’église Santi Luca e Martina. Sa tombe monumentale est à la droite de l’entrée.

CHÈVREFEUILLE

S’il est un charmant gazon

Que le ciel arrose

Où brille en toute saison

Quelque fleur éclose,

Où l’on cueille à pleine main

Lys, chèvrefeuille et jasmin,

J’en veux faire le chemin

Où ton pied se pose !

Victor Hugo (1802 – 1885)

CHÈVREFEUILLE (LONICERA CAPRIFOLIUM)

Photo: wikipédia

VICTOR HUGO, né à Besancon et décédé à Paris, est un écrivain et poète francais. Il est considéré comme le plus important des écrivains du 19e siècle. Son oeuvre est très diverse: romans, poésie lyrique, drames, discours politiques et correspondance abondante.

Victor est le fils du général d’Empire Joseph Hugo, créé comte, selon la tradition familiale, par Joseph Bonaparte, roi d’Espagne. Vers 1813, il s’installe à Paris avec sa mère qui s’est séparée de son mari. Avec ses frères il fonde en 1819 une revue, « Le Conservateur littéraire ». Son premier recueil de poèmes, « Odes », paraît en 1821. C’est avec le drame « Cromwell », publié en 1827, qu’il fera éclat.

Marié avec Adèle Foucher dès 1822, il aura jusqu’à un âge avancé de nombreuses maîtresses. Victor Hugo accède à l’Académie francaise en 1841. Elevé dans l’esprit du royalisme, il se laisse peu à peu convaincre de l’intérêt de la démocratie. Au début de la Révolution de 1848, il est élu député de la deuxième République et soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte avec qui il rompt en 1849.

Sous le Second Empire, opposé à Napoléon III, il vit en exil à Bruxelles, puis à Jersey et à Guernesey. Après la chute du Second Empire en 1870, Victor Hugo peut rentrer après vingt années d’exil. Il décède à Paris en 1885, dans son hôtel particulier, « La Princesse de Lusignan ». Ses derniers mots furent: « Ceci est le combat du jour et de la nuit. »

AU COIN D’UN BOIS

Beaucoup plus tard au coin d’un bois

Dans la fôret de la mémoire

Surgis soudain

Tends-nous la main

Et sauve nous.

Jacques Prévert (1900 – 1977)

VINCENT VAN GOGH (1853 – 1890): AU COIN D’UN BOIS

JACQUES PRÉVERT, né à Neuilly-sur-Seine et décédé à Omonville-la-Petite, est un poète est scénariste francais. Après le succès de son premier recueil de poèmes, il devient, grâce à son langage familier et ses jeux de mots, un grand poète populaire. Il a également écrit des scénarios pour le cinéma. Son anticléricalisme parfois violent est parfois occulté par le public, au profit de ses thèmes sur l’enfance et la nature.

Sa fille Michèle naît en 1946, il épouse Janine Tricotet en 1947. Jacques Prévert achète une maison en 1971 à Omonville-la-Petite, dans la Manche où il meurt en 1977 des suites d’un cancer du poumon, lui qui avait toujours la cigarette à la bouche.

SI TU ROMPS QUELQUE BRANCHE

Si tu romps quelque branche d’un de ces arbres, rompues aussi seront les pensées que tu as.

Dante Alighieri (1265 – 1321), La Comédie Divine, Chant XIII de l’Enfer

VINCENT VAN GOGH (1853 – 1890): ARBRES

VINCENT VAN GOGH, né à Groot-Zundert aux Pays-Bas et décédé à Auvers-sur-Oise, est un dessinateur et peintre néerlandais. Le fils d’un pasteur calviniste resta jusqu’à la mort un tourmenté, un isolé, un incompris. À propos de ses premières années, il dit: « Ma jeunesse était sombre, froide, et stérile … ».

En 1869 il obtient un poste de marchand d’art à La Haye, dès 1873 à Londres. Vincent van Gogh devient un fervent animateur du mouvement méthodiste et veut devenir pasteur. Sa famille l’envoie en mai 1877 à Amsterdam où il se prépare pour l’université et étudie la théologie, mais il écheve ses examens et abandonne ses études.

Fin 1878, il obtient une mission d’évangeliste en Belgique dans la région de Mons. Vincent van Gogh s’intéresse de plus en plus aux personnes l’entourant et aux scènes quotidiennes qu’il commence à présenter dans certains croquis. Sur les recommendations de son frère Théo, il se rend à Bruxelles pour étudier la peinture.

C’est au cours de l’été 1882 qu’il commence la peinture à l’huile. De 1886 à 1888 il s’installe à Paris et rencontre les impressionistes. Sa palette s’enrichit alors de couleurs vives, sa touche s’anime et se fragmente. C’est une période très fertile où son art s’oriente vers l’impressionisme, mais l’absinthe et la fatigue aggravent son état mental.

En 1888 il s’installe à Arles sur les conseils de Toulouse-Lautrec qui lui parle de la lumière des pays méridionaux. Une nouvelle page de son oeuvre s’ouvre avec la découverte de la lumière provencale. Il parcourt à pied la région et peint des paysages, des scènes de moissons et des portraits.

Vincent van Gogh qui habite la « maison jaune », rêve d’une communauté d’artistes. Paul Gauguin vient le rejoindre et ils commencent à travailler ensemble. Mais les deux hommes s’entendent mal: la tension débouche sur une crise. À la suite d’une dispute violente Vincent van Gogh se mutile l’oreille gauche. Il est soigné par le docteur Rey dont il peint à cette époque le portrait.

En 1889, l’artiste rentre dans un asile près de Saint-Rémy-de-Provence où il va rester pendant une année. Son état varie de la dépression profonde aux phases de rémission et d’activité immense. Les peintures de cette période sont caractérisées par des remous et des spirales. Il peint ce qu’il voit de sa fenêtre.

En 1890, Vincent van Gogh rejoint son frère Théo à Paris qui l’installe à Auvers-sur-Oise. Dans ce village du Vexin francais et sous les soins attentifs du docteur Gachot, son activité artistique est intense. Il produit pendant deux mois plus de soixante-dix tableaux.

D’une grande force expressive, la palette du peintre s’assombrit peu à peu exprimant le mal de vivre qui le tourmente. Sa touche est mouvementée et fébrile. En juillet 1890, dans un champs où il peignait une ultime toile, il se tire un coup de revolver dans la poitrine et meurt deux jours plus tard.

Vincent van Gogh à préparé les sentiers de l’art moderne. Ce peintre n’a vendu qu’une seule toile. Aujourd’hui ses tableaux sont parmi les plus chers du monde.

UN BOUQUET

Je vous envoie un bouquet, que ma main

Vient de trier de ces fleurs épanouies,

Qui ne les eut à ces vêpres cueillies,

Tombées à terre elles fussent demain.

Pierre de Ronsard (1524 – 1585)

ÉDOUARD MANET (1832 – 1883): BOUQUET DE FLEURS

ÉDOUARD MANET, né et décédé à Paris, est un peintre francais majeur. Issu d’une famille bourgeoise, artiste dans l’âme, Édouard Manet refuse de s’engager dans les études de droit auxquelles son père le prédestine. Il choisit d’entrer dans un atelier de peinture et se forme en copiant les chefs-d’oeuvre de tous les plus grands musées européens. Dès la proclamation de la Troisième République en 1870, Édouard Manet s’engage comme Garde National. Il passe l’été 1874 sur son bateau-atelier et développe un style « plein air ». À partir de 1876 et durant ses dernières années il se sent fatigué. Malgré les attaques d’une grave maladie qui causera l’amputation de sa jambe gauche et finira par l’emporter, il se consacre à des « oeuvres d’intérieur »: natures mortes, compositions florales et portraits.